Date de publication 09 février 2026

L’évolution de l’industrie pharmaceutique : de la délivrance de médicaments à l’apport de soins directs

Le système de santé du Canada est soumis à une pression considérable, et les pharmacies jouent désormais un rôle de plus en plus important. Alors qu’auparavant, elles délivraient les médicaments sur ordonnance, elles peuvent aujourd’hui être  des minicliniques très pratiques offrant des services de vaccination, de perfusion, d’analyses hors laboratoire et d’examen des médicaments, ce qui élargit leurs activités et leurs équipes afin de répondre aux besoins croissants des patients.


« Les pharmacies connaissent une transformation fondamentale, passant de la délivrance de médicaments traditionnelle à un rôle de prestataire de soins complets, ce qui entraîne naturellement de nouveaux risques et de nouvelles responsabilités », explique le directeur – Soins de santé et Sciences de la vie de CNA Canada, Michael Brennan.


À mesure que les pharmacies effectuent des tâches plus directes en matière de soins aux patients, elles s’exposent à un risque de faute professionnelle plus important et à une responsabilité du fait d’autrui accrue. Dans un tel contexte en constante évolution, les courtiers peuvent aider leurs pharmacies clientes à identifier les lacunes, à passer en revue leur assurance et à renforcer leurs processus opérationnels.

 

Principaux risques que les pharmacies doivent désormais prendre en compte


Prescription et dosage non conformes:


Santé Canada fournit des définitions ainsi que des cadres réglementaires clairs en matière de prise autorisée de médicaments, par l’entremise de sa Base de données sur les produits pharmaceutiques , qui répertorie les indications approuvées, les lignes directrices relatives à la posologie, les monographies de produits et les mises à jour en matière de sécurité.


Néanmoins, les prescriptions non conformes, bien qu’elles soient légales et parfois nécessaires sur le plan médical, font l’objet d’incertitudes croissantes. L’Institut pour la sécurité des médicaments aux patients du Canada (ISMP Canada)  indique que l’emploi non conforme d’un médicament peut s’appuyer sur des preuves limitées, ce qui augmente le risque d’erreurs de dosage et d’effets indésirables.

 

« Des prescriptions non conformes ne sont pas dangereuses en soi, mais les zones d’ombre qu’elles génèrent entraînent un examen juridique plus minutieux et augmentent le risque d’erreurs de dosage ou de baisse de l’efficacité du traitement, souligne Michael. Pour les courtiers, c’est l’occasion d’aider les pharmacies à passer en revue leur assurance en matière de faute professionnelle, de s’assurer que les garanties à l’échelle des entités tiennent compte des risques liés aux consultations non conformes et de souligner l’importance de protocoles de documentation normalisés. »

 

Que les pharmaciens procèdent à un examen approfondi des ordonnances et qu’ils fournissent et documentent les conseils donnés aux patients est recommandé, en particulier en cas d’emploi de médicaments non conformes.

 

Violations du champ d’exercice


Les violations du champ d’exercice s’entendent de tâches qu’accomplit le personnel alors qu’il n’est pas autorisé à les effectuer. Les pharmacies doivent comprendre les réglementations provinciales et s’y conformer, et orienter les patients vers de professionnels de santé appropriés si nécessaire.


L’Association des pharmaciens du Canada indique quelles provinces autorisent les pharmaciens à prescrire des médicaments pour des affections bénignes, à administrer des injections, à renouveler les ordonnances ou à demander des analyses de laboratoire, chacune de ces activités étant régie par des limites réglementaires distinctes.

 

« Délimiter clairement les responsabilités du personnel est impératif, souligne Michael. Même si un dépassement de fonction est bien intentionné, il peut exposer une pharmacie à des risques importants en matière de responsabilité civile. Les courtiers peuvent aider leurs pharmacies clientes en leur expliquant comment les différences réglementaires entre les provinces ont des répercussions en matière de responsabilité civile, en s’assurant que leur assurance correspond aux activités qu’elles sont autorisées à exercer dans leur région et en recommandant de clarifier les descriptions de poste ainsi que les politiques de délégation. »

 

Pénurie de personnel


Les pressions d’ordre financier, l’augmentation des tâches cliniques, ainsi que la demande croissante ont entraîné une pénurie de personnel, qui peut nuire au bon fonctionnement des pharmacies et accroître le risque d’erreurs.


« Lorsque les équipes sont débordées, le nombre d’erreurs augmente, tout comme les risques relatifs à la responsabilité civile, précise Michael. Les pharmacies peuvent prendre des mesures d’atténuation des risques dans le cadre de leurs activités, qui n’exigent pas d’augmenter leurs effectifs, parmi lesquelles :

 

  • la mise en place des vérifications du flux de travail afin d’identifier ceux qui ne sont pas efficaces;
  • l’utilisation d’outils de vérification pour la délivrance de médicaments assistés par la technologie;
  • la mise en place de doubles vérifications obligatoires pour les étapes à haut risque;
  • la priorité donnée à la délégation des tâches en fonction des niveaux de certification;
  • l’amélioration de la formation du personnel sur la charge cognitive et la gestion de la fatigue. »

 

Ces mesures de protection opérationnelles permettent non seulement de diminuer la fréquence des erreurs, mais aussi de renforcer le profil de risque des pharmacies sur le plan de la souscription.


Documentation inexacte


Plus les pharmacies sont amenées à prodiguer des soins directs, plus la documentation est essentielle. Des dossiers incohérents ou manquants peuvent considérablement affaiblir une défense juridique.

 

« Même lorsque de bonnes décisions cliniques sont prises, une documentation insuffisante peut nuire à la défense, poursuit Michael. De bons dossiers protègent à la fois les patients et les pharmacies. Les courtiers peuvent aider leur clientèle à mettre en place des modèles de documentation électronique normalisée, garantissant ainsi la cohérence, qui facilite la défense en cas de réclamation. »

 

Pratiques d’excellence en matière d’atténuation des risques


Dans tous les domaines de risque, certaines pratiques fondamentales peuvent réduire les risques de manière importante. Les principales stratégies d’atténuation portent sur les domaines suivants :

 

  • Permis et formation. Avant de proposer des services de vaccination ou de perfusion, les pharmacies doivent s’assurer que tout leur personnel peut légalement exercer et qu’il est formé pour administrer les traitements, dépister les pathologies, effectuer la documentation sur le consentement éclairé et gérer les complications.
  • Gestion des médicaments. Des protocoles clairs et normalisés de traitement des ordonnances, notamment en matière de stockage sécurisé et de précisions sur la délivrance de médicaments, sont essentiels pour assurer la sécurité des patients et réduire les risques.
  • Bonne documentation. Le personnel doit obtenir les antécédents complets des patients, tenir des dossiers cohérents, documenter toutes les interactions et mettre régulièrement à jour les informations.
  • Sécurité sur le lieu de travail. Les pharmacies doivent prendre des mesures de protection en matière de substances dangereuses, de destruction des objets pointus et tranchants, de prévention des infections et de procédures d’urgence.

 

Chez CNA, nous travaillons avec les courtiers afin de procéder à l’examen complet des assurances, d’identifier les lacunes et d’aider la clientèle à s’adapter à ses fonctions de plus en plus importantes.


« Une atténuation des risques efficace est un partenariat, estime Michael. Les pharmacies, les courtiers et les souscripteurs travaillent ensemble pour que les soins prodigués aux patients soient sécuritaires et fiables. »


La compréhension de ces risques émergents permet aux courtiers de mieux conseiller leurs pharmacies clientes, à mesure que le rôle clinique de celles-ci évolue, et de créer la différence dans leur expertise dans le secteur des soins de santé, qui évolue rapidement.

Au Canada, les produits et/ou services décrits sont fournis par Continental Casualty Company, une compagnie d'assurance IARD. Les informations sont destinées à présenter un aperçu général à des fins d'illustration uniquement. Lisez la clause de non-responsabilité générale de CNA.