Envisager l’avenir de l’assurance : les tendances, les défis et les possibilités en matière de gestion des risques
Avec : Matt Santos, directeur-conseil – Souscription
Le secteur de l’assurance se trouve à un tournant décisif. Les bouleversements technologiques, l’évolution des attentes de la clientèle ainsi que les risques systémiques à l’échelle mondiale exigent de repenser la manière dont nous évaluons, gérons et transférons les risques. Le directeur-conseil – Souscription de CNA Canada, Matt Santos, discute de la façon dont les changements redéfinissent l’assurance et la gestion des risques, et explique comment les assureurs doivent s’adapter pour renforcer leur résilience et rester concurrentiels.
Selon vous, quelles sont les tendances les plus transformatives qui façonnent désormais l’avenir du secteur de l’assurance ?
Matt Santos :
L’une des tendances porteuses de changement les plus importantes est l’amélioration de l’analyse des risques fondée sur les données. Le terme « mégadonnées » n’est plus seulement un mot à la mode pour évoquer le volume de données. Les mégadonnées permettent désormais de faire preuve d’une plus grande précision, notamment grâce à l’intégration d’écosystèmes de données, qui visent à améliorer la segmentation des risques, la précision de la tarification et la modélisation prédictive, en plus de faciliter les décisions en matière de souscription. Cet aspect est particulièrement important dans le domaine de l’assurance de dommages, où les risques sont d’une grande complexité.
Comment la gestion des risques et l’expertise spécialisée en souscription évoluent-elles face aux nouveaux risques à l’échelle internationale, tels que le changement climatique, les cybermenaces ou encore l’instabilité géopolitique ?
Matt Santos :
Aujourd’hui, les risques ne sont plus cloisonnés. Ils sont systémiques, évolutifs et souvent non modélisés, voire inconnus. Nous pouvons citer comme exemples passés l’essence au plomb, l’amiante ou les chlorofluorocarbures (CFC), qui ont créé plus de perturbations et de problèmes qu’ils n’en ont résolus. Les tendances actuelles peuvent inclure les microplastiques ainsi que les substances perfluoroalkylées et polyfluoroalkylées (PFAS). Les risques à venir peuvent également comprendre le génie biologique, la nanotechnologie, etc. Cette évolution exige de passer d’un transfert réactif des risques à une atténuation proactive, au renforcement de la résilience et à des solutions intégrées en matière de transfert des risques.
En outre, faire preuve de curiosité et se former continuellement sont plus que jamais des qualités indispensables pour les souscripteurs et souscriptrices. Rester informé des nouvelles tendances, des risques et des innovations rapides est important, tout comme travailler en étroite collaboration avec les courtiers et courtières partenaires ainsi qu’avec la communauté spécialisée en gestion des risques. Les souscripteurs et souscriptrices doivent donner la priorité à l’apport de solutions de transfert et d’atténuation viables, qui contribuent à une approche holistique de la compréhension et de la gestion du coût du risque pour la clientèle.
Chez CNA[GV1.1], nous encourageons et soutenons également la formation continue tout au long de la vie et nous pensons que la culture d’une entreprise peut être une source d’avantage concurrentiel durable. Outre le soutien que nous apportons au perfectionnement traditionnel des talents par l’entremise de programmes agréés par le secteur de l’assurance, nos souscripteurs et souscriptrices bénéficient d’une expertise interne et externe au Canada et aux États-Unis. À l’interne, les responsables du contrôle des risques, des biens techniques et de la souscription des gammes de produits jouent un rôle essentiel en prodiguant des conseils à nos équipes. À l’externe, l’accès à des ressources tierces est essentiel pour identifier les menaces émergentes, qu’elles soient d’origine naturelle (des feux de forêt, des inondations) ou humaine (les PFAS, le lithium ionique), par l’entremise d’une multitude de sources (AM Best, Moody’s, des firmes spécialisées dans l’analyse des risques, des réassureurs, des courtiers, etc.).
Selon vous, comment les attentes des assurés évoluent-elles et comment les assureurs doivent-ils réagir pour rester pertinents et concurrentiels ?
Matt Santos :
Nouer des relations et fidéliser la clientèle en faisant preuve de cohérence et en délivrant des conseils est essentiel, car les assurés attendent de plus en plus des assureurs et des souscripteurs qu’ils comprennent les subtilités de leurs activités, anticipent les risques et prodiguent des conseils stratégiques.
Selon vous, quel rôle les données et l’analytique joueront-elles dans la souscription et dans la gestion des sinistres au cours de la prochaine décennie ?
Matt Santos :
L’analyse de données pourrait évoluer pour passer d’un simple outil d’aide à un instrument stratégique pour appuyer un jugement en matière de souscription. Aujourd’hui, les souscripteurs et souscriptrices s’appuient sur un ensemble de compétences et de connaissances acquises grâce à leur expérience. Elles peuvent inclure une compréhension générale des cadres juridiques (en particulier en Amérique du Nord, où il peut y avoir des interactions entre plusieurs autorités compétentes, notamment fédérales, provinciales ou étatiques et municipales, ce qui peut les complexifier), une connaissance approfondie des dynamiques du marché et des nuances propres au secteur, ainsi qu’une bonne connaissance du produit et de son positionnement sur le marché.
À l’avenir, les outils de traitement des données, parmi lesquels l’intelligence artificielle générative, pourraient contribuer à déplacer l’attention au-delà des données d’exposition au risque. Ils pourraient accélérer l’acquisition et le contrôle des connaissances, à l’aide d’indicateurs en temps réel adaptés aux risques et conformes aux autorités compétentes ainsi qu’à l’environnement juridique. Ils soutiendraient ainsi à la fois les équipes responsables de la souscription et des sinistres dans le cadre de l’anticipation des risques et non plus seulement de l’évaluation de ces derniers, en plus de contribuer à un processus décisionnel plus éclairé et proactif, tant pour accepter un risque que pour le gérer. En fin de compte, l’exploitation des capacités de l’intelligence artificielle pour la souscription et la gestion des sinistres peut permettre d’augmenter la rentabilité.
Comment les équipes de souscription de CNA concilient-elles le besoin de solutions personnalisées et la pression en matière d’efficacité et d’évolutivité dans le domaine de la souscription ?
Matt Santos :
L’efficacité et l’évolutivité découlent de l’accès aux bons outils et aux bonnes données, et non de l’imposition d’une solution unique. Elles impliquent l’utilisation des technologies telles que des plateformes de souscription et même l’intelligence artificielle générative pour rationaliser les flux de travail, tout en conservant un jugement de souscription sûr. L’objectif est également de donner des moyens aux professionnels à différentes étapes de leur perfectionnement, tout en veillant à ce que les outils les aident à structurer leur prise de décision et non qu’ils prennent une décision à leur place.
Bien que le secteur de l’assurance soit en constante évolution, les incertitudes ainsi que les défis émergents à l’échelle mondiale poussent à être proactif en matière d’utilisation de la technologie, ainsi qu’en matière de souscription et de gestion des sinistres. Ils sont également l’occasion d’adopter une nouvelle approche afin de répondre aux attentes de la clientèle.
Au Canada, les produits et/ou services décrits sont fournis par Continental Casualty Company, une compagnie d'assurance IARD. Les informations sont destinées à présenter un aperçu général à des fins d'illustration uniquement. Lisez la clause de non-responsabilité générale de CNA.